Sur la confiance dans le cœur

Trad. perso basé sur des versions anglaises.
Ceci n’est pas un texte Taoïste mais Bouddhiste, après on s’en fout, c’est quand même chinois et ça pourrait être taoïste pour le même prix.
Alé hop! c’est parti! En vous souhaitant une bonne lecture.

Sur la confiance dans le coeur.

Par 鑑智僧璨 (Chien-chih Seng-ts’an)

La voie parfaite est seulement difficile pour ceux qui font des choix.
N’ayez ni préférences, ni aversion, et tout deviendra clair.
Faites une différence de l’épaisseur d’un cheveu, et le ciel et la terre seront séparés.
Si vous voulez que la Vérité se tienne claire devant vous, ne soyez jamais pour ou contre.
Établir ce que vous aimez contre ce que vous n’aimez pas, c’est la maladie de l’esprit.
Alors que le sens profond est mal compris, la tranquillité de l’esprit est dérangée sans but.

La voie est vide et sans caractéristique, comme l’espace.
Elle n’a ni trop, ni trop peu.
Ce n’est que parce qu’on prend et qu’on rejette, qu’on perd de vue la nature.
Ne poursuivez pas les emmêlements extérieurs, ne demeurez pas dans le vide intérieur, soyez sereins dans l’unité des choses et le dualisme disparait de lui-même.
Arrêtez tout mouvement afin de trouver le repos, et le repos lui même sera agité.
Aussi longtemps que vous vous attardez dans le dualisme, comment pouvez vous réaliser l’unité?
Et quand l’unité n’est pas comprise profondément, de deux façons la perte perdure.

Le déni de ce qui est apparent est son assertion, et l’assertion du vide est son déni.
Le plus vous en parlez, le plus vous y pensez, le plus vous vous en éloignez.
Arrêtez de parler et arrêtez de réfléchir, et il n’y aura rien que vous ne comprendrez pas.
Retournez à la racine, et vous trouverez la signification.
Poursuivez la lumière et vous perdrez sa source
Regardez à l’intérieur et en un éclair vous conquerrez à la fois l’apparence et le vide.

C’est seulement l’ignorance qui fait que les transformations se produisant dans un monde vide qui nous confronte nous apparaissent réelles.
Il n’y a pas de nécessité de chercher la vérité, juste d’arrêter d’avoir des points de vue.
N’acceptez, n’examinez ou ne poursuivez aucune position.
Aussi vite que vous avez le bien et le mal, la confusion s’en suit et l’esprit est perdu.
Alors que les deux existent grâce à l’Un, ne vous accrochez pas à l’Un.
Ce n’est que quand aucune pensée n’apparait que les objets sont sans fautes

Pas de faute, pas d’objet, pas d’apparition, pas de pensée.
Le sujet est silencieux quand l’objet cesse.
L’objet cesse quand le sujet est silencieux.
Un objet est un objet pour le sujet.
Le sujet est le sujet pour un objet.
La vérité ultime à propos des deux opposés, c’est qu’il ne sont qu’un seul vide.
Dans ce vide, on ne peux pas distinguer les deux.
Chacun contient les 10000 choses à l’intérieur de soi d’une façon complète.

Ce n’est que quand on est dépassés par le fin et le grossier qu’on est tentés de prendre parti.
Dans son essence, la grande voie embrasse tout.
C’est aussi faux de la dire aisée que de la dire ardue.
Les vues étroites ne sont pas résolues, au plus qu’elles sont hâtives, au plus elles deviennent lourdes.
S’accrocher n’est jamais gardé dans une juste mesure.
C’est voué à aller dans le mauvais sens.
Et le cœur fait confiance aux chemins qui l’ont égaré

Laissez les choses prendre leur propre route, sachant que l’essence ne peut ni partir, ni rester.
Obéissez la nature des choses, et vous êtes en concordance avec la voie, calme et aisé et libre de tout souci.
Les pensées entravées se détournent de la vérité et s’enfoncent dans l’habitude peu sage de ne pas aimer.
Ne pas aimer amène la lassitude de l’esprit, et l’aversion ne sert aucun but.

Si vous voulez suivre la doctrine de l’unique, ne rejetez pas le monde des sens.
Quand vous n’êtes pas tendancieux, le monde des sens est vu comme un monde avec illumination.
Le sage pratique la non-interférence.
La folie tisse ses propres liens.

En réalité il n’y a pas de réalités séparées.
Seulement les insensés s’accrochent à des objets particuliers.
Quoi de plus erroné que d’utiliser la pensée pour créer des pensées?
L’ignorance crée le repos et l’agitation
Les illuminés n’ont ni préférence ni aversion.
Tout ce qui appartient aux deux extrêmes est une déduction erronée, un rêve fantôme, une fleur dans l’air.
Pourquoi s’efforcer de vouloir le saisir dans sa main?

Ce qui est et ce qui n’est pas, le gain et la perte, bannissez les une fois pour toutes.
Si les yeux ne se ferment pas durant le sommeil, il ne peut y avoir de cauchemars.
Si l’esprit ne fait aucune distinction, tous les objets deviennent un.
Laissez l’unique avec son mystère effacer toute mémoire de complication.
Quand les 10000 choses sont vues dans leur unité, nous retournons à l’origine, et demeurons là ou nous avons toujours été.
Ainsi leur origine est oubliée, et il ne reste plus rien pour nous faire opposer une chose envers une autre.
Voyez le mouvement au repos, et ou est le mouvement? Voyez le repos en mouvement, et il se débarrasse du repos.
Le deux ainsi débarrassés, que devient l’unique?

Au point ultime, celui qu’on ne peut pas dépasser, vous arrivez là ou il n’y plus ni règles, ni standards,
où l’esprit peut accepter l’impartialité, là ou l’effet et l’action cessent.
Le doute disparait et la foie n’a plus d’obstacles.
Plus rien ne reste, plus rien n’est remémoré.
L’espace est brillant et illuminé de par soi-même.
Aucun pouvoir de l’esprit n’est exercé
C’est là où la réflexion ne parvient pas, c’est là ou l’imagination n’est pas à la hauteur.
Dans le haut domaine de l’être véritable, il n’y a ni soi, ni autre.

Pour référence rapide à cette sphère, utilisez le concept de “pas-deux”.
Dans le “pas-deux” il n’y a pas d’objets séparés, pourtant tous les objets sont inclus.
Les sages à travers les dix quartiers ont eu accès à cette vérité primordiale,
car ce n’est pas quelque chose qui dépend du temps et de l’espace.
Pour lui, un instant et une éternité ne font qu’un.

Qu’on le voie ou qu’on n’arrive pas à le voir, il est manifeste, toujours et partout.
Le très petit est comme le très grand quand la taille est immatérielle.
Le très grand est comme le très petit quand la forme n’a aucune importance.
L’être est la même chose que le non-être, et le non-être la même chose que l’être

Dans un climat de pensée ou ce n’est pas le cas, il est peu judicieux pour l’esprit de s’y attarder
L’un dans tout, tout dans l’un – si seulement ceci est réalisé, il n’y a plus la peine de ne pas être parfait.
Mettre sa confiance dans le cœur est le non-deux, le non-deux met sa confiance dans le cœur.

J’ai parlé – mais en vain, pour ce que les mots peuvent dire des choses qui n’ont ni hier, ni demain, ni aujourd’hui.

Piccolo

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Je suis la part déchue de Dieu et j'ai refusionné avec lui. Et avec Nail aussi.

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