La spiritualité

Salut les allumés!

Aujourd’hui je vais vous parler de spiritualité.
La spiritualité, c’est un peu comme le jazz manouche, ce sont les 10 premières années qui sont les plus difficiles.

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Prenez vos cordes et vos piolets les gars, ça va être rude.

Mais qu’est-ce qu’on comprend par la spiritualité? Parce que c’est un terme quand même vachement fourre-tout.
Il y a des tas de gens qui ont tenté de conceptualiser tout ça. Les défenseurs des anciennes traditions, les créateurs de spiritualités nouvelles, etc… La plupart passent leur temps à se tirer dans les pattes et au final c’est simplement un gros merdier.
Pourtant c’est assez facile de reconnaitre ceux qui ont une démarche spirituelle authentique.
Ce sont les seuls qui s’entendent avec tout le monde et qui ne font pas chier.

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“Y a-t-il une vie après Drucker le dimanche soir?”

La spiritualité, pour moi, c’est très simple. C’est le simple fait de se poser des questions existentielles genre “Quel est le sens de la vie”, “Est-ce qu’il y a une vie après la mort” et ce genre de trucs. C’est l’inverse des questions matérielles qui sont, elles, bien concrètes. Genre “Quel est le sens du bois?” ou “y a-t-il une vie après Drucker le dimanche soir”
La différence c’est que pour les questions spirituelles, chacun a son expérience personnelle, pour ça que les opinions et les visions à ce sujet divergent énormément. “Et quand je diverge, c’est énorme!” Alors que pour les questions concrètes, c’est bien plus simple,même si le vide existentiel après une après midi avec Michel peut se rapprocher de l’état de Śūnyatā des bouddhistes.

Se poser ce genre de questions, ce n’est pas quelque chose de facile à vivre.
C’est une démarche assez nihiliste tout de même. Il y a un moment dans la vie, ou certains d’entre nous découvrent que les plus grands plaisirs qu’on peut vivre, ne sont pas aussi extatiques qu’on nous l’a fait croire. En souffrant énormément, on se rend compte que l’inverse est vrai aussi. Au final, si le malheur le plus grand n’est pas à craindre, et que le plus grand bonheur n’est pas à envier, on se dégage des envies et des désirs terrestres. On se tourne alors vers quelque chose d’autre. On cherche un sens à la vie autre que celui de satisfaire ses désirs, ses pulsions et ses envies humaines. Ce n’est pas facile car on se rend vite compte de la vacuité de notre propre existence. Et ça, on peut le vivre de plusieurs façons. Soit c’est un soulagement car on réalise qu’en fait il n’y avait rien à chercher, soit on ressent une sensation de vide, de manque.

girl-looking-at-the-seaEt c’est ça le fondement et l’essentiel de toute spiritualité. Ce vide, cette dés-identification. La spiritualité, c’est regarder la mer. Quand on regarde la mer, il se passe quelque chose d’étrange en nous. On redécouvre le calme. On observe les vagues, qui ne font que faire retour. On peut s’imaginer nager contre le courant, mais on sait bien qu’on n’ira jamais très loin, que la mer nous repoussera toujours vers le rivage. Alors on se contente de regarder. On ressent l’humilité, devant le vent, devant les vagues, devant l’eau. Nous sommes dans un autre état d’esprit. Submergés par la nature.
Tout le monde est calmé devant cette vaste étendue d’eau. Même les plus agités d’entre nous, à un moment, seront ramenés à la réalité par la brise, qui leur fera oublier leur tourments et contempler l’océan.

Alors quel est le cheminement spirituel? Quel sens donner à la vie si ce n’est pas celui de vivre à fond les ballons mais plutôt de regarder la mer? Pour la plupart des traditions, on recherche à faire l’alchimie, à réaliser l’unité avec Dieu/Allah/Bouddha/le Tao/etc… Cette unité, selon la plupart des traditions, on la réalise tous dans la mort. Car une fois qu’on meurt, on se refonderait dans la lumière originelle une fois notre psychisme épuisé. Comme après un long rêve ou on se vide de tout ce qui faisait notre personne. Nos mémoires, nos sentiments conflictuels, etc…
Le but pour beaucoup de pratiquants de la spiritualité, est d’incarner ça de son vivant. De mourir et se fondre dans la lumière alors qu’on est encore dans notre corps. Le christ est né de la chair, tout ça.
Si vous regardez dans les yeux d’un sage, vous y verrez l’absence de lui-même, tout comme vous verrez la présence de quelque chose d’autre.

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La sagesse et la profondeur de l’océan est reconnue par tous les êtres vivants.

Ça peut paraitre dur comme ça, de perdre tout ce qu’on a été, de se rendre compte que rien de tout ça n’a vraiment existé.
Pourtant ça ne l’est pas. C’est même très doux. Car du moment où on transcende un aspect de sa personnalité, elle n’a plus vraiment d’intérêt et il n’y a plus de désir d’y retourner. Il n’y a rien d’enviable à nos conditions d’esclaves de nos sens et de nos désirs. Se rendre compte de ça permet de donner le coup décisif. Et donner un coup décisif est nécessaire, car dans ce combat, comme dans tout combat d’ailleurs, ça ne sert à rien de lutter. Au plus on essaye de subjuguer nos désirs, au plus ils nous tourmentent. Combattre le feu par le feu n’a jamais marché. Le principe est plutôt de sévir comme un ninja. On ne chipote pas.
Ce qui est marrant, c’est qu’une fois transcendé, cette part de nous peut continuer à s’exprimer. C’est récupéré par notre nous transcendant. Mais d’une façon toujours imaginative et humoristique. C’est ça qui fait l’originalité et l’excentricité des sages. Si ce n’était pas le cas, tous les sages seraient pareils. Pourtant ils sont tous différents et ont leur propre saveur. Comme les fruits.
Ce n’est pas pour rien que tous les bouddhas ont trouvé l’éveil au pied d’un arbre.

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Authentique maitre spirituel.

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Grand maitre spirituel du premier degré

Pourtant, dans la spiritualité il y a aussi une foule de gens qui pensent qu’ils peuvent remplacer les arbres. N’ayant pas compris les subtilités de l’humilité, ils s’appellent “maitres”. Leurs disciples, ayant compris la vertu de l’humilité mais pas celle de la patience ni celle de la foi, se prosternent devant eux. Mais il ne faut pas se méprendre. Ce n’est qu’une apparence. Les gens sont vite impressionnés. Quelqu’un qui a fait un travail spirituel dégage quelque chose de puissant. Du coup beaucoup on tendance à être révérents voir dévotionnels face à eux. Mais le “maître” en question il s’en tartine les roubignoles. Tu crois que t’as un maître, mais en vérité t’as un copain, c’est juste que tu ne le sais pas.
Un jour ton maître va devoir percer ta bulle de fantaisie à ce niveau là, aide-le!
Il n’y a pas de maître ou de disciple en spiritualité. Ca n’existe pas naturellement ces choses là.
Ça fait partie de l’abstraction et la folie des hommes.
Même le plus grand maitre est tout aussi paumé et confus que toi.

La différence entre toi et lui, c’est que lui est parvenu à l’accepter.

Piccolo

About Piccolo

Je suis la part déchue de Dieu et j'ai refusionné avec lui. Et avec Nail aussi.

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