fleur d’or

Bonjour les amis, je vous propose aujourd’hui le début de la traduction du secret de la fleur dorée, ancien texte taoïste datant de je sais pas quand dans la dynastie Qing.
De toute façon, comme d’hab, l’auteur du texte doit être immortel au jour d’aujourd’hui.
C’est là un point commun entre les taoïstes et les fans d’Elvis.
Anyway, je traduis en me basant sur la version de Richard Wilhelm.

Le premier chapitre est fort de café, je vous préviens, la suite est plus cool.

Have fun!

(Yeah, enlève tes savates et assieds toi sur un rocher)

Chapitre 1

Maître Lao Tseu a dit, la nature du soi est appelée Tao.
Le Tao n’a pas de nom ni de forme ; c’est seulement l’essence, seulement l’esprit originel.
L’essence et la vie ne peuvent pas être vues. Elles sont contenues dans la lumière du ciel.
La lumière du ciel ne peut pas être vue. Elle est contenue dans les deux yeux.

Depuis les temps anciens, ceux qui ont réalisé l’immortalité spirituelle ont transmis le Tao de bouche à oreille, de l’un à l’autre. *(version archaïque de twitter)*

Depuis que Lao Tseu est devenu immortel, Donghua m’a transmis l’enseignement.
Ensuite les écoles de la réalité complète du sud et du nord ont suivi, après lesquelles l’école Quanzhen a prospéré.

Le mouvement a prospéré dans le sens qu’il y avait beaucoup d’étudiants.
En même temps il a décliné dans le sens où les enseignements internes étaient détériorés.
Ceci a continué jusqu’au jour d’aujourd’hui, où c’est extrêmement superficiel et dilué.

La dégénération des enseignements a atteint un extrême.
Les extrêmes donnent naissance aux reversions.
C’est pour cela qu’il y a eu un certain maître Xu qui conférait sa gentillesse à libérer les gens, en particulier en instaurant l’enseignement d’une transmission spécial hors doctrine, pour ceux qui avaient la plus haute capacité de comprendre.
Pour toux ceux qui pouvaient entendre, c’était une opportunité rare.
Ceux qui acceptèrent formèrent une association religieuse dans leur temps.
Tout le monde devrait respecter et comprendre les efforts de maître Xu et se tenir fermement aux enseignements lors des interactions avec les gens dans nos activités quotidiennes dans la société.
Seulement à ce moment-là vous pouvez cultiver la réalité et réaliser votre essence.

Maintenant je suis conféré de l’honneur d’être votre guide et vais d’abord vous révéler le secret de la fleur dorée Taiyi, et puis, je vous expliquerai le reste en détail.

Taiyi est le terme donné à ce qui n’a rien au dessus de lui.
Le secret de l’élixir de vie consiste à utiliser l’action en vue d’atteindre la non-action.
Il ne faut pas espérer de passer au-dessus de tout et pénétrer directement.
La doctrine que je transmets aborde directement le travail avec l’essence et ne tombe pas dans une méthode secondaire.
C’est pourquoi elle est merveilleuse.

La fleur dorée est lumière. Quel genre de chose est lumière ?
Cela requiert le phénomène d’une fleur dorée, qui cache aussi le mot dorée dedans.
C’est l’énergie véritable du Taiyi prénatal.
C’est ce que veut dire le proverbe, *le plomb dans l’eau de la terre natale n’a qu’un seul gout.* (1)

Le travail de faire tourner la lumière dépend entièrement de la méthode de renversement, de concentrer ses pensées sur le cœur céleste.
Le cœur céleste se trouve entre le soleil et la lune (les deux yeux).
Le livre de la cour jaune dit : *dans le champ d’un pouce carré de la maison d’un pied carré, la vie peut être régulée.*
La maison d’un pied carré est le visage.
Pour le champ d’un pouce carré, qu’est-ce que ça pourrait être d’autre que le cœur céleste ?
*Dans le milieu du pouce carré habite la splendeur.
Dans le hall mauve de la cité de jade habite le dieu de la plus grande vacuité et de la vie.*
Les confucianistes l’appellent “habiter la vacuité au centre” ;
les bouddhistes l’appellent “la terrasse de l’esprit” ;
les taoïstes l’appellent “la terre ancestrale”, “la cour jaune”, “le passage mystérieux” ou “l’ouverture prénatale”.

Le cœur céleste est comme une maison, la lumière est le maître de la maison.
Pour cela, une fois que vous retournez la lumière, les énergies de tout le corps apparaissent à la cour, comme quand un roi noble a établi la capitale et a fondé son trône, les dix mille états vont approcher avec des tributs.
Ou comme quand le maître est futé, les servants obéissent ses ordres de leur propre accord, et chacun fait son travail.
Pour cela tu n’as qu’à faire tourner la lumière ; c’est là le plus profond et le plus merveilleux secret.

La lumière est facile à faire bouger, mais difficile à fixer.
Si on la fait circuler assez longtemps, elle va se cristalliser.
C’est l’état du corps Dharmique de l’état de Soi. Cet esprit cristallisé est formé au-delà des neufs cieux.
C’est ce que l’empreinte du sutra du cœur a disait : *A ce moment vous pouvez contempler silencieusement le seigneur suprême et en douze ans de temps peut épauler ton vol au delà.*
En exécutant ce principe il n’y a d’autre méthode qui amène plus de progrès. Il faut uniquement concentrer ses pensées dessus.
Le sutra Surangama dit : *En purifiant les pensées on peut voler et on naîtra au ciel.*
Le ciel n’est pas le large ciel bleu mais un palace céleste né du corps.
Si on maintient ceci pendant longtemps, il se développe assez naturellement, en addition du corps, un autre corps spirituel.

La fleur dorée est la pilule dorée. Tous les changements de conscience spirituelle dépendent du cœur.
Ce joyau merveilleux, bien qu’il fonctionne très précisément, est tellement fluide qu’il nécessite une sagesse et une vigilance extrême, et l’absorption et la tranquillité la plus complète.
Les gens sans ce plus haut degré de sagesse et de vigilance ne trouvent pas la façon d’appliquer le joyau.
Les gens ne possédant pas cette incroyable capacité d’absorption et de tranquillité ne peuvent pas en tenir fermement prise.

*(1) : le plomb dans l’eau de la terre natale n’a qu’un seul goût.
Cette phrase est compliqué et c’est de l’alchimie à la chinoise. Y ‘aurait moyen de faire un long article rien que là-dessus, mais vu que c’est quand même assez bien expliqué au fil de l’article, je vais juste expliquer ça en speed : le plomb c’est le yang, c’est la racine primordiale de la conscience. C’est l’âme yang dans le yin. La terre c’est le cœur réceptif. En chinois, terre et cœur sont le même idéogramme d’ailleurs. Quand le plomb traverse la terre, cela forme l’eau de la terre natale.
C’est clair ?*

**Et alors ? elle passe comment la pilule dorée ? je downgrade le premier qui me parle de douche dorée !
On parle de textes sacrés bordel de cul ! Des gars se sont amusés à transmettre ça pendant 1500 ans alors un peu de respect s’il vous plait !**

**On continue de plus belle avec la continuation de la traduction du secret de la fleur dorée.
Attachez vos ceintures c’est parti, la traduction est hasardeuse car je traduis d’un anglais vachement ancien…**


*(hop)*

Chapitre 2 : L’esprit primordial et l’esprit conscient

Maître Lao Tseu disait : “en comparaison avec ciel et terre, l’homme n’est qu’un éphémère (la mouche).
Mais comparé à la grande Voie, ciel et terre aussi, sont comme une bulle et une ombre.
Seulement l’esprit primordial et la vraie nature dépassent le temps et l’espace.

L’énergie de la graine, comme ciel et terre, est transitoire, mais l’esprit primordial est au-delà des différences polaires.
C’est l’endroit d’où ciel et terre dérivent leur être.
Quand des étudiants comprennent comment saisir l’esprit primordial, ils surmontent les opposés polaires de lumière et ténèbres et ne s’attardent plus longtemps dans les trois mondes (1).
Mais seulement celui qui a envisagé la face originelle de la nature humaine est capable de faire ça.

Quand des hommes sont délivrés de l’utérus, l’esprit primordial réside dans le pouce carré. Mais l’esprit conscient réside plus bas dans le cœur.
Ce cœur inférieur charnel a la forme d’une grande pêche : il est couvert par les ailes des poumons, soutenu par le foie, et servi par les boyaux.
Ce cœur est dépendant du monde extérieur.
Si un homme ne mange pas pour seulement un jour, il se sent extrêmement inconfortable.
S’il entend quelque chose de terrifiant il palpite ; s’il entend quelque chose d’enrageant il s’arrête, s’il est confronté à la mort il devient triste ; s’il voit quelque chose de beau il est ébloui.
Mais le cœur céleste dans la tête, quand est-ce qu’il aurait bougé, même un tant soit peu ?
Vous vous demandez : le cœur céleste n’est-il pas capable de se mouvoir ? A ceci je réponds : Comment la vraie pensée dans le pouce carré pourrait elle bouger ! Si elle bouge, ce n’est pas bon. Car quand les hommes ordinaires meurent, elle bouge, mais ce n’est pas bon.
C’est mieux en effet si la lumière s’est déjà solidifiée dans le corps spirituel et son énergie vitale a pénétré graduellement les instincts et les mouvements.
Mais c’est là un secret qui n’a pas été révélé depuis des milliers d’années.

Le cœur inférieur se meut tel un commandant fort et puissant qui méprise la loi céleste à cause de sa faiblesse, et a usurpé de la direction des affaires d’état.
Mais quand le château primordial peut être fortifié et défendu, c’est un dirigeant puissant et sage qui s’assied sur le trône.
Les yeux commencent par faire circuler la lumière comme deux ministres à la droite et la gauche qui soutiennent le dirigeant avec toute leur force.
Quand le gouvernement dans le centre est ordonné, tous ces héros rebelles se présentent avec des lances retournées, prêts à prendre des ordres.

La voie menant à l’élixir de vie connait comme secret suprême ces trois : la graine – eau , l’esprit – feu et la pensée – terre.
Qu’est-ce que la graine – l’eau ? C’est la vraie, seule énergie du paradis primordial.
L’esprit – feu est le cœur céleste de la demeure centrale. L’esprit feu est utilisé pour la fondation.
Les hommes ordinaires façonnent leur corps à travers les pensées.
Le corps n’est pas seulement le corps extérieur de sept pieds.
Dans le corps il y a l’anima.
L’anima adhère à la conscience en vue de l’affecter.
La conscience dépend de l’anima pour son origine.
L’anima est yin, c’est la substance de la conscience.
Aussi longtemps que cette conscience ne s’interrompt pas, elle s’engendre de génération en génération, et les changements de forme de l’anima et les transformations de la substance ne cesseront pas.

Mais, à côté de ceci, il y a l’animus dans lequel l’esprit s’abrite. L’animus vit dans les yeux pendant la journée, la nuit il réside dans le foie.
Quand il vit dans les yeux, il voit ; quand il réside dans le foie, il rêve.
Les rêves sont les pérégrinations de l’esprit à travers les neufs cieux et les neufs terres.
Mais quiconque est dans une humeur sombre et renfermée au réveil, et qui se sent enchaînée la forme corporelle, est enchaîné à l’anima.
Pour cela la concentration de l’animus est amenée par la circulation de la lumière. Et de cette façon l’esprit est maintenu, l’anima est subjuguée et la conscience coupée.
La méthode utilisée par les anciens pour échapper du monde consistait à dissoudre complètement la lie de l’obscurité en vue de retourner au purement créatif (qian). Ceci n’est rien de plus qu’une réduction de l’anima et donc d’une réalisation de l’animus.
La circulation de la lumière est le moyen de réduire l’obscurité, et de reprendre le pouvoir sur l’anima.
Même si le travail n’est pas dirigé vers le retour du purement créatif (qian), mais se confine aux secrets de la circulation de la lumière, ce n’est que la lumière qui est le créatif.
Par le biais de sa circulation, on retourne vers le créatif.
Si cette méthode est suivie, il y aura de la graine – eau en abondance en nous ; l’esprit – feu sera allumé et la pensée terre va se solidifier et se cristalliser.
Ainsi le fruit sacré mûrit.
Le scarabée roule sa boule et dans la boule la vie se développe par l’effort non réparti de sa concentration spirituelle.
Si un embryon peut grandir dans la bouse et se débarrasser de sa coquille, pourquoi la demeure de notre cœur céleste ne serait il pas capable de créer lui aussi un corps si nous concentrons notre esprit dessus ?

La seule vraie nature humaine effective, quand elle descend dans la demeure du créatif (qian) se divise en l’animus et l’anima.
L’animus est le cœur céleste. C’est la nature de la lumière ; c’est le pouvoir de la luminosité et de la pureté.
C’est ce que nous avons reçu de la grande vacuité. Ce qui est identique en forme au début primordial.
L’anima participe à la nature de l’obscurité.
C’est l’énergie du lourd et du trouble ; il est lié au cœur corporel charnel.
L’animus aime la vie. L’anima cherche la mort.
Tous les désirs voluptueux et élans de colère sont des effets de l’anima.
C’est l’esprit conscient qui après la mort est nourri par le sang, mais qui, durant la vie, est en grande détresse.
L’obscur retourne à l’obscurité comme les choses s’attirent en accord avec leur sorte.
Mais l’élève comprend comment distiller l’anima obscure complètement afin de la transformer en pure lumière.

**(1) Les trois mondes** est un concept bouddhiste qui réfère au monde du désir, le monde de la forme et le monde du sans forme.
*”Les trois mondes ne sont que esprit.”
Vasubandhu.*

Ce concept provient de l’hindouisme.

“Seigneur, ta présence remplit les cieux et la terre et s’étend dans toutes les directions.
Je vois les trois mondes trembler devant cette vision de votre merveilleuse et terrible forme.”
Bhagavad Gita

Toutes les traditions ésotériques distinguent ces trois mondes en l’homme.
On les appelle aussi outre-monde / au delà, terre et ciel.
L’au delà représente l’état dans lequel l’esprit originel est voilé, alors que la terre représente l’effort de dévoile l’esprit originel, ce qui est aussi appelé l’intention juste en Taoisme.

**et bardaf, c’est l’embardée, vous ne regarderez plus jamais le symbole du yin et du yang de la même façon 😀
Ici est bien expliqué la dualité de l’âme chez les chinois, habilement traduit par animus-anima, ce qui nous épargne de longues formules du genre “vraie nature humaine effective”
que je n’ai pas su éviter pour d’autres termes malheureusement.**

Retourner la lumière et maintenir le centre

Maitre Lao Tseu disait, quelle est l’origine du terme retourner la lumière? Cela débutât avec l’adepte Wenshi. Quand la lumière est retournée, les énergies du ciel et de la terre, yin et yang, tout se fige. C’est ce qu’on appelle la pensée raffinée, l’énergie pure ou la pensée pure.

Quand une personne commence à appliquer ce charme c’est comme si, au milieu de l’existence, il y a la vacuité. Quand dans la durée, le travail est terminé, et au delà du corps il y a un corps, c’est comme si, au milieu de la vacuité, il y a l’existence.

Ce n’est qu’après le travail attentionné de cent jours que la lumière sera véritable, seulement là elle deviendra l’esprit-feu.
Après 100 jours, d’un point de vrai yang dans la lumière, un mil à chandelle nait de lui-même, de la même façon qu’un embryon se forme de l’union d’un homme et d’une femme. A ce moment là vous devriez vous en occuper calmement et silencieusement. Le retournement de la lumière est le processus d’ignition.

Dans la création originelle il y a la lumière yang, qui est le facteur déterminant. Dans le monde matériel c’est le soleil; dans un être humain ce sont les yeux. L’énergie spirituelle et de la conscience s’écoule mécaniquement à travers les yeux.
C’est pour ça que la voie de la fleur dorée dépens complètement de la méthode de retournement.

Retourner la lumière n’est pas juste retourner l’essence du corps, mais retourner l’énergie même de la création. Ce n’est pas arrêter l’imagination aléatoire temporairement, mais directement vider le samsara d’un millier de kalpa.

C’est pour ça que la durée d’une respiration vaut un an selon l’estimation humaine et une une centaine d’années mesuré par la longue nuit des neuf chemins (d’incarnation).

Après qu’un homme ait le son unique d’individuation (*ho*) derrière lui, il naîtra extérieurement selon les circonstances, et jusqu’à ce qu’il soit âgé il ne regardera jamais en arrière.
Quand leur énergie yang diminue et disparaît, c’est le nonuple monde souterrain. Le sutra surangama dit: ” à travers les pures pensées, on peut voler, à travers les émotions, on tombe”. Quand un disciple prend peu soin de ses pensées et donne trop de ses émotions, il tombe dans des voies plus basses. Seulement en observant clairement et en calmant sa respiration, peut-on atteindre l’illumination parfaite.
C’est l’application de la méthode de retournement.

Dans le classique de la convergence yin il est dit: “les yeux sont la clef”. Dans Suwen du classique de l’empereur jaune il est dit: “L’essence du corps humains coule vers le haut et remplit les ouvertures vides”. Si on comprend ceci, on a la clef pour atteindre l’immortalité et transcender ce monde.
C’est une pratique qui imprègne les trois religions du confucianisme, le taoïsme et le bouddhisme.

La lumière ne se trouve pas seulement dans le corps, et elle ne se trouve pas qu’à l’extérieur du corps. Les montagnes, les rivières, le soleil, la lune et la terre entière sont tous cette lumière. Donc ce n’est pas seulement en soi. Toutes les opérations d’intelligence, de connaissance et de sagesse sont aussi cette lumière, donc ce n’est pas en dehors du soi. La lumière du ciel et de la terre emplit l’univers; la lumière d’un individu s’étends donc naturellement à travers les cieux et couvre la terre. Pour cela, une fois que vous retournez la lumière, ciel et terre, montagnes et rivières sont tous retournés.

L’essence d’un humain remplit en l’air vers les yeux. C’est la grande clef de fonctionnement du corps humain. Vous devriez réfléchir à propos de ceci. Si vous ne pratiquez pas la médiation chaque jour, cette lumière s’écoule, qui sait quand ça s’arrêtera? Si seulement vous vous asseyez un quart d’heure par jour tranquillement, vous vous débarrasserez de dix mille kalpa et un millier de vie. Inconcevablement, les dix mille dharmas retournent tous au silence avec cette vérité merveilleuse.

**Q**uand la pratique a débuté, on procède du superficiel au profond, de l’épais au fin. C’est toujours mieux s’il n’y a pas d’interruption. L’effort est le même du début à la fin, mais l’expérience durant le procédé est personnelle et connue uniquement de soi-même. Seulement quand on est retourné à l’état de l’océan sans limites et le ciel vide, et qu’on accepte toute chose juste comme elle est, vous avez saisi.

**C**e que les sages ont transmit n’est pas parti de réflexion mentale. Confucius l’appelait: la connaissance ultime. Buddha l’appelait: l’esprit qui observe. Lao Tseu l’appelait l’observation intérieure, c’est toudi le même.

**T**out le monde peut parler de réflexion mentale, mais on ne peut pas le maîtriser si on ne sait pas ce que veulent dire ces mots. Cela veut dire retourner au cœur inférieur, à l’origine de la forme et de l’esprit.
Au sein de notre corps de six pieds, nous devons nous efforcer de retourner au corps qui existait avant l’arrivée du ciel et de la terre.
De nos jours, les gens s’asseyent et méditent une heure ou deux, toujours immergés dans leur être inférieur, et appellent ça la réflexion. Comment est-ce que quoi que soit puisse en sortir?

**L**es fondateurs du bouddhisme et du taoïsme ont enseigné qu’on devrait regarder au bout de notre nez. Mais ils ne voulaient pas dire qu’il fallait se concentrer sur le bout du nez. Ils n’ont pas voulu dire non plus que, pendant que les yeux se concentraient au bout du nez, les pensées devaient être concentrées au milieu de la cour jaune.
Où que les yeux regardent, l’attention suit. Comment peut-on diriger notre attention à deux endroits en même temps.
C’est comme méprendre le doigt qui pointe la lune pour la lune elle-même.

**A**lors que veut on réellement dire par ça? L’idée de focaliser sur le bout du nez est très ingénieux. Le nez doit servir comme guide aux yeux, mais le nez lui-même n’est pas la question. Si nos yeux sont grands ouverts, on regarde au loin, et donc on ne voit pas le nez. Si les paupières sont trop fermées, que les yeux se ferment, là non plus on ne voit pas le nez.
Quand les yeux sont ouverts trop grand, notre attention s’éparpille au dehors. Quand ils sont trop fermés, on se perd facilement dans des états de songes.
C’est seulement quand les paupières sont abaissées correctement à mi-chemin que le bout du nez est vu de la manière juste, et pour cela on le prend comme guide.

**L**e principal est de baisser les paupières de la bonne façon, et permettre à la lumière d’entrer naturellement. Vous ne devez pas faire d’effort particulier. Regarder le bout du nez ne sert qu’au commencement de la concentration intérieure, afin que les yeux soient amenés dans la bonne direction pour regarder, et puis pour les garder à niveau: après ça, on peut les laisser faire.
C’est la manière dont le maçon pend son fil a plomb. Dès qu’il l’a attaché, il guide son travail avec sans s’ennuyer continuellement à regarder son fil à plomb.

**S**’arrêter et observer (??) est une méthode bouddhiste qui, originellement, n’était pas secrète. On regarde attentivement avec les deux yeux le bout du nez, on s’assied droit dans une position confortable, et on focalise le cœur autour du centre, qui est aussi appelé le Milieu Jaune en Taoisme.
Cela ne veut pas dire nécessairement le centre de la tête. C’est seulement une question de fixer son attention au point qui se situe entre les deux yeux. La lumière est quelque chose d’extrêmement volatil. Quand on fixe l’attention au point central entre les deux yeux, la lumière entre naturellement.
On ne doit pas diriger notre attention au château central.
Ces quelques mots comprennent tous les points essentiels.
Pour le reste, les questions d’entrer et quitter le silence, le prélude et la suite, on peut se référer au livre “s’arrêter et observer”.

**F**ocaliser autour du centre est une expression très subtile.
Le centre est omniprésent; l’univers entier est contenu dedans.
Ceci indique le point crucial de la création, et à travers ceci on entre par la porte. Focaliser veut dire se focaliser la dessus comme une astuce, non pas devenir fixé rigidement. Cette expression est vivante et subtile.

**S**’arrêter et observer sont inséparables; cela veut dire la concentration et l’intuition.
Quand des pensées se manifestent, vous ne devez pas vous asseoir silencieusement comme avant, mais vous devriez investiguer cette pensée : où est-elle? D’où est-ce qu’elle vient? Où va-t’elle? Répétez ces questions jusqu’à ce que vous réalisez que ça ne peut pas être saisi.
Après ça vous n’avez plus besoin de chercher le point de manifestation. Ayant cherché mon esprit, je réalise qu’il ne peut pas être saisi; j’ai pacifié votre esprit pour vous.

**C**eci est l’observation juste. Ce qui l’oppose est incorrecte.
Une fois qu’on réalise que c’est insaisissable, on pratique encore l’arrêt de façon continuelle, suivi par l’observation. Tout comme on pratique l’observation suivi par l’arrêt.
Ceci est la double culture de l’arrêt et de l’observation.
Ceci est retourner la lumière.

**L**e retournement est l’arrêt, la lumière est l’observation.
S’arrêter sans observer s’appelle retourner sans la lumière; observer sans s’arrêter est appelé avoir la lumière sans la retourner. Souvenez-vous en.

4. Retourner la lumière et régler la respiration.

1. Maître Lao-Tseu disait *la doctrine demande seulement qu’on pratique avec un cœur pur. On ne cherche pas la vérification, ça vient de soi-même.*

2. En général les débutants souffrent de deux problèmes : l’*oubli* et la *distraction*. Il y a une solution pour s’en débarrasser, qui est simplement de connecter le cœur à la respiration.

3. Le caractère pour soi et le caractère pour cœur forment le caractère pour la respiration . Quand le cœur est remué, il y a un mouvement d’énergie. L’énergie est essentiellement une activité transformée du cœur. Nos pensées sont très rapides. Quand une pensée qui s’oublie de soi-même a lieu à un moment, l’inspiration et l’expiration y répondent. Pour cela l’inspiration et l’expiration se suivent comme le son et l’écho.
Par jour on a dix mille respirations et un nombre égal de pensées distraites. Lorsque la clarté de l’esprit s’écoule, on devient comme un arbre flétri ou des cendres mortes.


Le Bouddha ignorant les 10000 distractions.

4. Devrait-on donc être sans pensées? Être sans pensées est impossible.
Ne devrait-on pas respirer? C’est impossible.
La meilleure voie est de transformer la maladie en médicament, ce qui veut dire que le cœur et la respirations reposent l’un sur l’autre.

5. Pour cela, *”retourner la lumière”* est connecté avec *”retourner le souffle”* et cette méthode utilise seulement la lumière de l’oreille.
Il y a la lumière de l’œil qui est la lumière unifiée du soleil et de la lune externe.
Il y a aussi la lumière de l’oreille, qui est l’essence unifié du soleil et de la lune interne.
L’essence est où la lumière se fige et s’installe. L’essence et la lumière ont la même origine mais ont juste un nom différent.
Donc la clarté (d’ouïe et de vue) est juste le résultat de la lumière spirituelle.

6. Quand vous vous asseyez, baissez vos paupières, établissez votre intention et puis lâchez.
Cependant, si après avoir laissé aller, vous n’arrivez pas à réaliser votre intention, alors soyez attentifs au son de votre respiration.

7. Vous ne devriez pas être capable d’entendre votre respiration.
écoutez juste son silence. Une fois que c’est audible, la respiration est grossière et superficielle, pas fine. Soyez patients et respirez légèrement. Le plus vous vous relâchez, le plus subtil elle devient. Au plus elle est subtile, au plus elle est silencieuse.

8. Après un long délais, tout d’un coup, la respiration subtile sera interrompue, la véritable respiration se manifeste et l’esprit-corps peut être discerné.
Si l’esprit est léger, la respiration est subtile.
Une fois que l’esprit est unifié, elle peut mouvoir l’énergie-souffle (? qi). Si la respiration est subtile, le cœur est léger.
Une fois que l’énergie-souffle (qi) est unifié, il meut l’esprit. La stabilisation de l’esprit doit être précédé par la culture du qi, car c’est difficile de contrôler l’esprit.
Pour cela le qi est utilisé comme un levier, et ceci est ce qui est appelé maintenir un qi pur.

9. Mes amis étudiants, vous pouvez ne pas comprendre la nature du mouvement. Le mouvement ici réfère au fait de mouvoir quelque chose en tirant ses ficelles, et n’est qu’un autre nom pour “contrôle”. Si on peut mouvoir l’esprit simplement en tirant, ne devrait-on pas être capable aussi de l’amener au repos par la pure tranquillité?

10. Le sage qui a observé comment le cœur et le qi sont connectés, a établi cette méthode pour que de futures générations puissent en bénéficier. Dans le livre de l’élixir il est dit : *”la poule peut faire éclore ses œufs car son cœur est toujours à l’écoute”*.
Ceci est une incantation magique importante.
La manière dont une poule donne vie à un œuf est à travers l’énergie chaude; l’énergie chaude ne peut que réchauffer la coquille et ne pénètre pas à l’intérieur.
Ainsi elle conduit cette énergie à l’intérieur avec son cœur.
Ceci est l’acte d’écouter avec une attention résolue.
Quand l’attention pénètre, l’énergie rentre, et l’énergie chaude apporte la vie à l’œuf.

11. Même quand une poule quitte ses œufs, sa tête est toujours encline à écouter et l’attention de son esprit n’est jamais interrompue. Avec l’attention de son esprit incessant, l’énergie chaude est elle aussi ininterrompue jour et nuit, ainsi l’esprit devient vivant.
L’éveil de l’esprit est accompli car le cœur est mort d’abord.
Quand un homme laisse son cœur mourir, alors l’esprit originel s’éveille à la vie. Tuer le cœur ne veut pas dire le laisser se dessécher et faner. ça veut dire qu’il est devenu unifié et rassemblé en un.
Le Bouddha disait : *”Quand vous fixez votre cœur sur un point, alors rien est impossible pour vous.”*
Le cœur s’égare facilement, c’est pourquoi il est nécessaire de le purifier au moyen du Qi. Le Qi devient facilement rude, c’est pourquoi il doit être raffiné par le cœur.
Si vous faites ceci, comment l’esprit pourrait-il échouer sa stabilisation?

12. En général, les deux afflictions que sont l’oubli et la distraction ne requièrent qu’une pratique silencieuse journalière ininterrompue, jusqu’à ce que le cœur arrive spontanément à un repos complet. Si on n’est pas assis en méditation, on sera vite distrait sans le remarquer. Quand vous en devenez conscient, c’est le moment de vous débarrasser de la distraction.
L’oubli dont on est conscient et l’oubli dont on est inconscient sont séparés d’un millier de kilomètres. L’oubli dont l’homme est inconscient est l’oubli véritable. L’oubli dont on est conscient n’est pas l’oubli véritable, car il reste toujours de la clarté dedans.
La distraction vient quand on laisse l’esprit s’égarer; l’oubli vient d’un esprit qui manque de clarté.
La distraction est facile à guérir mais l’oubli ne l’est pas.
Si on use de la métaphore de la maladie, une qui implique des douleurs ou des démangeaisons peut être traitée avec des médicaments, mais l’oubli est un symptôme de paralysie, où il n’y a pas de sensation.
La distraction peut être contrée, la confusion peut être redressée, mais l’oubli est un état d’obscurité et de stupidité.
La distraction et la confusion ont au moins un tant soit peu de direction, mais l’oubli veut dire que le soi inférieur a le contrôle complet.

13. Dans la distraction il y a toujours une certaine présence qui reste du soi supérieur, mais l’oubli est dirigée par l’obscurité pure (yin). Si vous vous assoupissez pendant l’assise silencieuse, c’est l’oubli.
Repousser l’oubli est simplement une question de régler le souffle. Le souffle dans ce cas est la respiration, pas la respiration véritable.
Néanmoins la respiration véritable peut aussi en dépendre.
A chaque fois que vous vous asseyez, vous devriez faire taire votre esprit et purifier votre énergie. Comment peut on faire taire l’esprit? Par la respiration. Ne laissez que votre cœur connaitre l’inspiration et l’expiration, pas vos oreilles.
Si on ne l’entend pas, alors la respiration est légère, alors l’esprit est clair.
Si on peut l’entendre, alors l’énergie-souffle est brute, ce qui veut dire que l’esprit est nébuleux. Nébuleux veut dire l’oubli, et on devient fatigué. Ceci est la façon dont la nature fonctionne

14. Quand bien même, il est important de comprendre comment focaliser l’esprit sur la respiration. C’est focaliser sans focaliser. On doit maintenir une vision et une ouïe subtile.
Cette phrase a un sens profond.
Qu’est-ce que regarder? C’est la lumière des yeux qui s’illumine spontanément, les yeux ne regardant qu’à l’intérieur et pas à l’extérieur.
Ne pas regarder à l’extérieur et pourtant rester alerte est regarder à l’intérieur. Ce n’est pas qu’il existe vraiment quelque chose de tel que “le regard intérieur”.
Qu’est-ce qu’écouter? C’est la lumière de l’oreille qui s’illumine spontanément, les oreilles n’écoutant que l’intérieur et non pas l’extérieur.
Ne pas écouter à l’extérieur et pourtant rester vigilant est écouter l’intérieur. Ce n’est pas qu’il existe vraiment quelque chose de tel que “l’oreille intérieure”.

15. Ecouter veut dire écouter le silence.
Regarder veut dire regarder l’invisible.
Quand les yeux ne regardent pas au dehors et que les oreilles n’écoutent pas ce qui se passe à l’extérieur, ils sont fermés et ont tendance à virevolter à l’intérieur.
Cependant, seulement par le regard et l’oreille intérieur peut-on prévenir cet égarement intérieur, la distraction du monde extérieur, ou l’entrée dans l’oubli.
Ceci est l’essence et la lumière unifiée du soleil et de la lune interne.

16. Quand vous sombrez dans l’oubli et vous assoupissez, vous devriez vous lever et vous promener. Quand l’esprit est devenu clair on devrait se rasseoir. Le mieux est de s’asseoir le matin tôt quand on a du temps libre, aussi longtemps que ça prend pour brûler un bâtonnet d’encens. L’après midi, quand il y a beaucoup de choses à faire, c’est facile de basculer dans l’oubli.
Aussi, il n’y a pas besoin de fixer la durée de méditation, il est seulement essentiel de mettre de côté tout emmêlement et de s’asseoir silencieusement pour un moment.
Avec le temps, vous atteindrez l’absorption et ne sombrerez plus dans l’oubli ou l’assoupissement.

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